EVA Films

Assaut

Cet année, j’ai pris l’habitude de mes faire des projos “remake” avec un pote : on regarde un film, puis son remake.
Quand on a l’impression de voir deux fois le même film, c’est gênant. Mais quand c’est réussi, c’est très intéressant de comparer. Y a des bonnes choses dans le remake…
Citons Passion de De Palma, qui transcende complètement Crimes d’Amour de Corneau. (et y ajoute tout un dernier acte).
Par contre, A Bigger Splash de Guadagnino loupe complètement ce que réussi La piscine de Deray. Dur de passer après Delon, Schneider, et la musique de Legrand…

et puis, comme j’avais un relativement bon souvenir de Assaut sur Central 13 de Richet, vu y a plus de dix ans, j’ai proposé de le confronter à l’original, Assaut de Carpenter, que je revois presque une fois par an. La dernière fois, c’était à l’occasion d’une soirée Carpenter au ciné Assaut / The Thing / In The Mouth of Darkness. Souvenirs plutôt frais donc, et l’évidence, le film est parfait.

Bon, on a regardé… et on s’est marré. Il s’est avaré qu’en fait, mes souvenirs concernant le remake de Richet était pour le moins erroné. Même en laissant de côté le film de Carpenter, bha c’est vraiment de la merde. Le scénariste a pris beaucoup de liberté, et c’est ce qu’on attend d’un remake, mais c’est systématiquement pour se tromper de portes à ouvrir. Donc forcement, ça finit dans le mur à chaque fois… Richet a fait de belles choses avec les deux Mesrines, mais pour le coup, son Assaut qui date de 2005 est une horreur. Un film lourd, déjà marqué par le poids des années.
A côté le film de Carpenter, datant de 1976, n’a pas vieilli. Faut dire qu’il était probablement en avance sur son temps.

Bref, pour ceux que ça intéresse, qui ont vu le film de Carpenter ou qui attendent un bonne raison de s’y frotter, voila : (je conseille à la 2nd catégorie de s’arrêter à 9 min)

Pour situer le mec qui parle, Jean-Baptiste Thoret a été critique à l’Ecran Fantastique et aux Cahiers et défend depuis toujours le cinéma de genre (1er book en France sur Carpenter, épuisé de puis longtemps, c’est lui, des livres sur Argento, Cimino, Michael Mann…).
Il a annoncé y a un an qu’il arrêtait la critique journalistique de cinéma (c’est un autre sujet que je vais pas déballé ici http://teleobs.nouvelobs.com/actualites/20170807.OBS3083/jean-baptiste-thoret-le-dernier-des-cinephiles.html ).
Mais pour ceux qui sont interressés par le cinéma américain des 70s, Scorsese, Cimino,mais aussi des classiques de Ford et Hawks, etc… il est possible de trouver sur YouTube tout un tas de captation de ses présentations de films comme celle-là. Voila.

Et qui c’est qui en a une version quasi neuve, protégée de la poussière et de la lumière, achetée le jour de la sortie sur Paris en 1998???

Ahah, je m’y attendais à celle là!
Parce que tu crois que je l’avais jamais remarqué celui là ??

Bon ben du coup je me suis aussi fait happer par celle-là:

ahah ! oui moi aussi ! (tout ça parce que Thoret a écrit un bouquin sur Argento qui me sert de référence sur mon mémoire en ce moment)

Intéressant hein ? Je trouve qu’il met très bien le doigt sur le bonhomme, quand il dit que Carpenter procède par soustraction plutôt que par ajout. C’est remarquable sur Assaut, mais aussi dans ses films plus “gros”.
D’où le paradoxe qui m’a toujours fasciné : un cinéma fantastique avec des (très) grands effets, mais qui n’est jamais spectaculaire. Je pense notamment à ce mur de brique dans Le village des damnés… Des effets “à hauteur d’hommes”.

Oui. Et les rares fois où il s’est laissé séduire par les sirènes des FXs numériques (scène de surf dans Escape from LA par ex.), on sent que ça n’est pas lui et que ça tombe à plat. Tu penses au mur, moi je pense au “mal” enfermé dans un simple cylindre (Pince of darkness). Et la soustraction dont tu parles est également spectaculaire dans la BO de The Thing qui, pour le coup, n’a rien à voir avec du Morricone.

En attendant, mes enfant sont en train de devenir accro! Ils ont vu leur “premier” en projection plein air il y a quelques jours : Escape from NY à l’abbaye St Germain à Auxerre. Et Jack Burton.

Ahah moi ça me fait rire la scène de surf dans LA ! Parce que justement, on sent qu’il s’en fout, le film est pas là.
La séquence de fin est l’une des plus belles du cinéma, et le fait que les satellites qui éteignent tout les ordinateurs soient eux-mêmes composé par des ordinateurs, ça me fait bien marrer.
Des moins bons souvenir de Mémoire d’un homme invisible… mais ça fait aussi longtemps que je l’ai pas vu, et le film a beaucoup souffert de la production…

Ah énorme ! D’ailleurs, dans NY, y a pas un décor dans une église désaffectée, ou dans une vieille bibliothèque ?
Jack Burton !!

La scène est drôle oui, mais Carpenter a très mal vécu le fait de dépendre d’un sous-traitant pour les derniers CGI (dont la scène de surf) et de voir la Prod lui imposer une sortie avancée de 3 mois. Au final, on a droit à une scène de tremblement de terre de toute beauté au ouverture, et pour le reste il doit se résoudre à bâcler car on ne lui laisse pas le choix.

Oui c’est ça. La bibliothèque.
escape-from-new-york