EVA Films

Brian De Palma

Je suis en train de lire et écouter tout ce que je peux trouver sur Hitchcock et j’ai assez naturellement redécouverts l’oeuvre de Brian De Palma.

Tout ces films - les meilleurs en tout cas - portent un regard respectueux, analytique et interrogateur sur l’oeuvre du « Master of Suspens ».
Carrie (d’après S.King), Sisters et Raising Cain revisitent à leur manière PSYCHO quand Obsession est une relecture de VERTIGO. Le dernier sur lequel je viens de poser les yeux est Body Double (1984). Pas son plus célèbre mais l’un de mes préférés.

Un acteur de série B fauché et à la rue se voit prêter un appart par un ami qui part tourné hors de L.A. Avant de partir, l’ami lui montre un des nombreux charme de l’appartement : la vue sur la chambre d’une voisine on ne peut plus hot qui, tout les soirs, entreprend un show dans sa chambre.
REAR WINDOW (Fenêtre sur Cours), VERTIGO et le toujours réinterrogé PSYCHO sont ici convoqués.
Body Double propose aussi, à travers une plongée dans le monde de la série B et du porno, une belle mise en abyme du cinéma Hollywoodien où par essence, on essaye de faire passer le faux pour du vrai.

Certains trouvent l’esthétique de De Palma daté (travelling 360, gros plans, spit-screen) mais c’est son vocabulaire pour porter une vrai réflexion de cinéma sur le regard et bien entendu le voyeurisme. Personnellement, je n’ai jamais vu une utilisation du split-screen comme dans Sisters.

RISQUE DE SPOILED

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=XwGOBnuqGKw[/youtube]

De Palma décline cette problématique du regard dans des films plus « grands public » comme Snake Eyes avec Nicolas Cage. « Un meurtre. 14000 témoins. Personne n’a rien vu ». J’aime bien mais la grandeur du dispositif transforme le tout en simple exercice de style. Dommage, ce qu’il évitait avec des films plus modestes.

Je n’ai pas encore vu son avant-dernier Redacted : film sur le viol d’une irakienne par des GI’s pendant la guerre en Irak, comme une relecture de son film Outrages de 1989, qui traitait du même sujet au Vietnam. De manière assez attendu, ce manipulateur du point de vue utilise en 2007 le found footage. A voir si cette mode tient la route entre les mains du réalisateur…

De Palma oscille parfois entre les grands succès commerciaux (on lui doit Mission : Impossible 1 et Scarface !) et des films, moins bien reçu, dans lequel l’auteur s’engage plus personnellement sur les thèmes qui lui sont chers. Il revient cependant à ses premiers amours mercredi avec son nouveau film : Passion !


ET SINON…

Rien à voir mais pas si rien à voir que cela. Pour ceux que cela ça intéresse, vous pouvez écouter les enregistrements des interviews de Truffaut/Hitchcock ici http://www.filmdetail.com/2011/02/14/the-hitchcock-and-truffaut-tapes/
Pour les anglophobes, rassurez-vous, Truffaut pose ses questions en français et les réponses de Hitch, quoi que facile à comprendre vu le débit du monsieur, sont traduites en direct.

L’indien de Body Double… ;fear; ;fear; ;fear; ;fear;

Margaret White mère de Carrie…

Winslow…

Etc… etc…

Abel & Cain
Alfred & Brian

Un vrai « vilain garçon » qui cultive des images/thématiques que l’on oublie pas!
Perso je trouve qu’un certain nombre de ses films les plus « accessibles/commerciaux » accusent vraiment le poids des années (bien plus que ses « premiers »). Un « Untouchables » par ex… Vu en salle deux fois à l’époque et là… ça n’est presque plus possible!
Alors que d’autres sont toujours aussi réjouissant : Carlito’s way est vraiment impérial!

En tout cas un mec très lucide sur ses influences et ses différences (avec le « modèle »!).

Un bouquin incontournable : Brian De Palma - Entretiens avec S. Blumenfeld et L. Vachaud

" Les histoires que je raconte sont la plupart du temps très différentes de celles qu’il choisissait. Il avait une sensibilité très victorienne et une culpabilité obsédante , héritée de son éducation catholique. Il n’y a rien de tel chez moi. J’ai appris le vocabulaire d’Hitchcock, mais j’ai développé plein d’autres trucs tout seul. J’utilise beaucoup le ralenti, je vous défie de trouver un ralenti dans un film d’Hitchcock!"

A propos de THE UNTOUCHABLES:
Les Ness doivent être la seule famille heureuse que vous ayez jamais filmée.
« Oui, et c’est sans doute ce qu’il y a de plus faux dans le film… »

Oh oui, l’indien ! Quand le marteau-piqueur remplace le couteau de Norman Bates ;D Une scène horrifique à souhait.

Perso je trouve qu'un certain nombre de ses films les plus "accessibles/commerciaux" accusent vraiment le poids des années (bien plus que ses "premiers"). Un "Untouchables" par ex... Vu en salle deux fois à l'époque et là... ça n'est presque plus possible!

Je viens de me refaire son Scarface justement… Une interprétation et des répliques d’anthologie d’Al, pour le reste, je vais plutôt voir Hawks.

Je partage ton point de vue, « ses premiers » (…Body Trouble 1984, un an après Scarface) demeure toujours aussi vivants. Sisters, le plan final de Carrie et celui de Raising Cain.… Je n’ai pas sursauté comme ça devant un film depuis un moment. Et il ne s’agit pas que d’efficacité ! La virtuosité de la mise en scène et le style qu’il s’est approprié sont pour une fois au service d’une vraie réflexion… C’est ce qui fait pour moi que 40 ans après (Sisters 1973), ses « pur » films de genre sont toujours intéressant à regardé. Ils nous renvoi aux mêmes thématiques, aux mêmes questionnements. Dans les dit films plus « accessibles », ces thématiques passent un peu à la trappe. Et comme le « spectacle » est cette fois brimé par les studios, il n’y a même pas la jouissance face au véritable suspens ou à l’horreur…

Bon, je ne résiste pas…
Vertigo - 1958

Body Double - 1984

Ce qui est très drôle, c’est que l’on voit que De Palma partage toujours autant la critique

;D ;D

Demain, 11h :wink:

Passion , un grand retour et une réussite totale ! Un poil plus sage concernant l’hemoglobine, un poil plus vicieux… et une absorption totale de l’oeuvre de Hitch. La digestion a été faite et on est moins dans des références plans à plans. On pense au maître par ci par la, c’est pas placardé mais distillé au grès des personnages, des situations et des rebondissements. Parce qu’il y en a ! Le style propre au réalisateur est lui bien présent : plan-séquence, split-screen… La thématique du regard on ne peut plus présente (il place sa caméra dans l’univers de la publicité… de téléphone portable ! à l’ère de l’iPhone qui filme en 1080p…)

Un première partie honnête avec un cast solide… mais un film sublimé par sa deuxième partie et surtout la séquence finale. Oui, De Palma rechausse ses pantoufles mais il le fait bien. Welcome back Brian ! 8) 8) 8)

ps : quand on parlait de film moins commerciaux… ici, une production… Franco-allemande ! :stuck_out_tongue:

Oui c’est presque sans nuance : on est vraiment dans la passion là! ;D

Encore quelques jours de patience… ;para;